Le film retrace deux parcours parallèles, deux histoires si proches et éloignées qui se séparent et se recoupent. Deux jeunes, dans la Tunisie postrévolutionnaire, deux portraits, deux visions du monde, deux rêves, deux voix qui interrogent la réalité : des désillusions et un espoir.

Au village de Dhehiba, sur la frontière tuniso-libyenne, on l’appelle l’oncle Ibrahim.  Aimé de tous, grands et petits, hommes et femmes, y compris parmi les agents de police, les soldats  et les garde-frontières, le sexagénaire vous rend le bonjour avec un large sourire affable et une bouche qui ne tarit pas de bonnes paroles, sans jamais vous laisser soupçonner un seul instant qu’il est fortement impliqué dans le monde de la contrebande.

Nous l’avons rencontré devant la porte  de l’hôpital. Il était complètement absorbé par une vive discussion avec un cadre médical. Tantôt il haussait la voix, tantôt la baissait, exprimant  son indignation face à la situation inacceptable de sa femme. Cette dernière s’est fracturée la jambe dans un accident, et attend depuis trois interminables jours sur un lit d’hôpital, que quelqu’un puisse l’opèrer.

Une eau boueuse remplie de fange et de moustiques… C’est ce que boivent les élèves qui fréquentent  la plupart des écoles situées en zones rurales. Faute d’eau potable et à cause des saletés qui envahissent l’espace, la situation environnementale est devenue tellement mauvaise que la santé des élèves et des habitants se trouve désormais menacée par l’apparition de nombreuses maladies telles que les allergies, les dermatites ou encore les contaminations par le virus de l’hépatite A…

Dans les régions frontalières ouest limitrophes de l’état algérien, les petits trafiquants qui font transiter illégalement leurs marchandises d’un pays à l’autre ne sont pas perçus par la plupart des habitants comme des contrebandiers ou "knatriyyas" tels qu’on les appelle communément. Ils sont  plutôt considérés comme de petits commerçants ou des investisseurs de petits capitaux.

Warda vit au pied du mont Sammama. Entre les tas de terre et de poussière, cette fillette au visage pâle mais souriant, court entre les monticules de sable et essayant d’attraper une colombe virevoltante. Du haut de ses 3 ans, elle s’arme de toute sa capacité à articuler les mots pour nous dire : « Je n’ai pas  d’autre loisir à part jouer avec le sable et courir derrière les colombes ». Quand elle ne trouve plus les mots, elle sourit et se blottit contre sa mère Hania Omri.

Youssef part chaque matin de chez lui, destination le marché de la ville, à la recherche d’un emploi, pour pouvoir subvenir aux besoins de sa femme et de ses trois enfants. A l’approche de la quarantaine, Youssef n’a toujours pas de travail permanent. Il passe ses journées dans un des cafés de la ville à guetter des informations sur le terminal frontalier de Ras Jedir, fenêtre de Ben Gardane sur le trafic commercial avec la Libye voisine.

Dans une initiative tenue secrète, Mohsen Marzouk,  secrétaire général du mouvement tunisien « Machrou tounes » (issu d’une scission avec le parti au pouvoir Nida Tounes a rencontré l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, à Benghazi. Quelques jours plus tôt, le 20 février 2017, le ministre tunisien des Affaires étrangères s’était réuni avec ses homologues algérien et égyptien, au palais de Carthage, pour signer de la déclaration ministérielle de Tunis pour l’appui d’un règlement politique en Libye. La « déclaration de Tunis » s’engage à poursuivre les efforts de réconciliation dans le cadre d’un dialogue inter-libye. 

L’Organisation tunisienne de lutte contre la torture a signalé 153 cas de torture dans les prisons et les maisons d’arrêt tunisiennes, survenus entre janvier et novembre 2016, contre 250 cas pour la même période de l’année précédente.

Elle ne faisait qu’endosser l’uniforme officiel d’un régime autiste, pour  dicter la loi, le temps d’une rafle ordinaire… L’agente municipale Fadia Hamdi,  en giflant Mohamed Bouazizi le vendeur de légumes ambulant, un certain 17 décembre 2010, alors que ce dernier ne faisait que protester contre la confiscation de sa balance,  n’imaginait pas un seul instant le séisme planétaire qui allait s’ensuivre. En réponse, Bouazizi a transformé sa rage en flammes, au sens propre du terme. En s’immolant par le feu au vu et au su de tout le monde, il allait servir de modèle pour des centaines de jeunes en proie au désespoir depuis bien longtemps.

Dans le Sahara tunisien, dans la région de Tataouine, l’activité des compagnies de pétrole n’a cessé de s’intensifier ces dernières décennies. La découverte de nombreux gisements d’or noir a conduit les autorités tunisiennes à accorder 17 permis d’exploitation à sept compagnies nationales et étrangères. Cependant, cet essor énergétique n’est pas sans dangers pour la région et ses habitants puisqu’il amène aussi son lot de problèmes écologiques.

Le gouvernorat de Kasserine est surnommé ville des martyres car c’est sur son sol que sont tombés pendant la révolution tunisienne la plupart des victimes de la répression. C’est de là aussi que sont parties les voix revendiquant la liberté, la justice et la dignité nationale, autant de slogans qui, six ans après, demeurent toujours d’actualité. En effet, rien n’a changé dans la ville et dans les campagnes voisines et les habitants sont plus que jamais persuadés que leur ville restera longtemps encore exclue des projets de développement.

Des pluies diluviennes se sont abattues hier, vendredi, sur le gouvernorat de Tataouine, à l’extrême sud de la Tunisie, provoquant ainsi des dégâts matériels considérables au niveau de l’infrastructure et des propriétés agricoles.

Une source médicale de l’hôpital régional de Tataouine affirme par ailleurs à Dunes Voices avoir reçu la dépouille d’un homme adulte âgé de 52 ans, décédé après avoir été emporté par les eaux des pluies dans la zone de Gharghar, située aux banlieues du gouvernorat.

Dès les premières heures du matin, leurs sacs sur le dos, elles empruntent un chemin cerné de toute part par les dangers, un chemin récemment baptisé « la route de l’euthanasie »…

Dans le gouvernorat du Kef, au sud-ouest de la Tunisie, la décision judiciaire autorisant le mariage d’une jeune mineure de 13 ans à un jeune homme âgé de 21 ans a provoqué un vaste mouvement de réactions de la part de juristes et de militants des droits de l’homme. En effet, de nombreuses voix se sont élevées pour revendiquer la révision de la loi N° 227 Bis sur laquelle s’est appuyée la décision magistrale permettant le mariage du jeune homme avec la fillette qu’il avait sexuellement abusée et qui s’est  retrouvée de ce fait enceinte de trois mois.

Page 1 sur 2

Projet MDI


Dune Voices est un projet de l'Institut de diversité médiatique (MDI).
Dune-voices se propose de fournir des reportages fiables et approfondis en provenance du Sahara. Le projet s'intéresse particulièrement aux questions telles que les conflits, la sécurité, la condition des femmes, la jeunesse, les minorités ethniques et religieuses, ainsi qu'à d'autres problématiques, permettant de donner la parole aux groupes marginalisés et aux habitants ordinaires du Sahara, souvent oubliés par les médias traditionnels. Consultez media-diversity.org

Médias sociaux

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedInSubmit to LinkedInShare with friendsShare with friendsMOD_ITPSOCIALBUTTONS_PRINT_THIS_PAGEMOD_ITPSOCIALBUTTONS_PRINT_THIS_PAGE